Ultra Trail de la Brie Des Morin 2017 : une course douloureuse…

UTBDM 2017

C’est ma deuxième participation à l’Ultra Trail de la Brie Des Morin. J’avais gardé un excellent souvenir de la précédente édition, du coup je me suis inscrit dès l’ouverture des inscriptions, ce qui m’a valu de courir avec le dossard N°1

Cette année est particulière à double titre, d’abord parce que j’ai couru le marathon de Paris 3 semaines avant et que ma récupération n’est pas complète et ensuite parce que j’ai convaincu un membre de mon équipe Squadrunner, Jérôme, de participer à cette aventure. Il est venu spécialement de Marseille pour courir avec moi.

Autant vous le dire tout de suite, cet ultra, je ne le sens pas…

D’abord parce que  je n’avais pas de bonnes sensations sur ma petite sortie du jeudi précédent la course, sans doute à cause de la récupération incomplète

Et ensuite parce que  j’ai eu un petit accident de voiture 15 jours avant qui a profondément altéré mon sommeil.

La veille de la course, je récupère donc Jérôme à la descente du bus, pour une petite journée détente avant l’épreuve : resto russe, visite de Meaux etc.

Le jour J, debout à 6h pour un départ prévu entre 6h30 et 6h45. Il ne faut que 30’ pour se rendre sur le lieu de l’épreuve mais j’aime bien arriver tôt pour avoir le temps de discuter avec les amis sur place. Mes affaires sont prêtes depuis la veille, sauf mes chaussures mais je pense les avoir aperçues dans le placard. Je m’habille donc au saut du lit et je commence à préparer le petit déjeuner thé, et tartines de pain grillé. Je prépare ensuite mon sac à dos avec la boisson énergétique et je m’assure que j’ai bien tout mis : téléphone, gopro, harnais de tête, gobelet pliable, batterie d’appoint pour le téléphone, bref tout y est. Il ne me manque plus que les chaussures, je file dans le placard et les aperçois. Je les prends sans vérifier que ce sont les bonnes, mal m’en a pris car j’ai 2 paires pratiquement identique, seule la pointure diffère. Mais ça je ne me rendrais compte que plus tard… trop tard. Nous quittons donc l’appartement vers 6h50. Heureusement que Sandrine m’a prêté sa voiture pour m’y rendre car je n’avais plus de moyens de transport.

A 7h20 nous arrivons à Saint-Cyr sur Morin pour récupérer nos dossards et nos puces. Je retrouve sur place toutes les têtes connues avec qui j’ai lié des liens au fil des recos. J’y retrouve bien sûr Vesna, celle qui m’a insufflé le virus du trail et Pascal. Parmi les coureurs, Je retrouve les fidèles Lucas et Rémi, ambassadeur de la marque Waa, Gérald et bien d’autres encore.

Source: vincerunner

Un dernier passage aux toilettes pour évacuer le stress d’avant course et nous voilà parti vers l’aire de départ pour écouter les dernières consignes.

A 8h15, le départ est donné et nous nous élançons dans le village avant d’emprunter le premier petit chemin.

Source: vincerunner

A peine 1km après le départ : la première montée. Je continue à courir mais je me ravise rapidement et décide de marcher. Je sais qu’il faut se préserver pour la suite. J’en informe Jérôme. Devant moi j’aperçois Mickaël. Sa présence est rassurante car c’est avec lui que j’avais fait ma première reco de nuit et sur la précédente édition nous avions fini quasiment ensemble. Cette première partie n’est pas spécialement difficile, il suffit juste de ne pas s’emballer pour ne pas épuiser ses  réserves. J’apprécie le nouveau parcours qui fait une belle place aux bois et sous-bois. Dans mes souvenirs, cette partie-là était plus champêtre. Première réflexion : j’aurais dû revérifier le paramétrage de ma nouvelle Fénix 5x car je trouve que les chiffres données par l’ascension sont extrêmement élevés (j’apprendrais plus tard en vérifiant le paramétrage que l’altitude était en pieds) et la prise de circuit automatique est activée tous les miles (je l’avais désactivé en course et pas en trail…)

Vers le 8ème km je commence à m’inquiéter pour mes pieds, je sens un échauffement dans ma chaussure droite et dans la descente, je sens distinctement les cailloux sous la semelle ainsi que mon pied qui vient taper sur le bout de la chaussure. Je décide de ne rien dire à Jérôme, je ne veux pas lui saper le moral. Pour lui, tout à l’air d’aller bien.

Je garde Mickaël dans ma ligne de mire. Parfois je le dépasse, parfois c’est lui qui me dépasse. Pour moi c’est bon signe, cela veut dire que je suis sur un bon rythme. Avec Jérôme, nous faisons quelques vidéos dans les côtes. Je sens malgré tout que je n’ai pas mes jambes des grands jours mais je m’y attendais un peu avec le marathon 3 semaines avant. Je vais faire avec. Pourvu qu’elles me portent juste à l’arrivée.

Cette partie se déroule sans encombre, je trouve juste que ça manque un peu de boue et pour moi un trail sans boue n’est pas vraiment un trail, je fais d’ailleurs part de cette réflexion à Jérôme et un autre coureur me dis que je dois être fou. C’est certainement vrai…

Il fait beau, il fait chaud et personnellement je n’aime pas trop ça. J’ai toujours du mal quand il fait chaud.

Je n’oublie pas la règle de base en nutrition et j’avale un tube de gel vers le 9ème km

Nous arrivons tranquillement au ravitaillement de Doue un peu avant le km 19. Le coin est joli et le ravitaillement est situé au pied de l’église, en haut de la colline. Pour l’avoir vu de nuit lors d’une reco, c’est magnifique. De jour aussi d’ailleurs.

Je ne m’arrête pas trop longtemps à ce ravitaillement, j’ai du mal à m’alimenter. Ma poudre mélangée à l’eau de ma poche y est sans doute pour quelque chose. Du coup, je fais juste le plein d’eau, je bois un peu et avale un abricot sec et un quartier d’orange.

Je sais que nous allons maintenant attaquer la pire partie du parcours. Elle m’avait bien fatigué l’année dernière mais j’avais beaucoup rigolé dans la boue. Il ne faut pas se fier au début de cette partie. Le départ depuis Doue est assez roulant. On descend de la colline, du plat, encore une descente, encore du plat et toutes les difficultés se concentrent entre le 27ème et le 37ème km. A peine parti j’ai déjà soif. Je le sens mal. Il faut tenir quasiment 19 km avant le prochain ravitaillement. Mickaël abandonne en cours de route et ça m’attriste un peu. Peu après le départ, alors que nous longeons un champ de colza, j’aperçois un alignement de panneaux à l’effigie de certains coureurs des éditions précédentes. Y serais-je ? Oui, j’aperçois finalement « mon » panneau avec une photo de moi prise lors de la précédente édition, dans la boue, avec ce joli slogan : « Vincent, galope par tous les temps ».

Source: vincerunner

Nous approchons de Courcilly où nous sommes accueillis par une cornemuse. Vers le 24ème km je chute dans une descente et je me rattrape de justesse. Mon pied a buté sur une pierre. La douleur au niveau de mon petit orteil droit est très vive mais je serre les dents pour ne pas inquiéter Jérôme. Mon pieds est de plus en plus douloureux entre la chute est les frottements, j’ai l’impression qu’il est devenu hyper sensible et je sens le moindre petit caillou sous la semelle. C’est aussi à peu de choses près l’endroit où nous sommes rejoints par les coureurs du 66 km. J’y retrouve d’ailleurs Vincent avec qui j’ai fait quelques recos. Nous discutons un peu puis je suis contraint de faire un arrêt technique et il me dépasse. Je ne le retrouverai pas avant un moment.

Nous arrivons vers Bitibout, point de départ des réjouissances : une succession de montées et de descentes toutes plus rudes les unes que les autres. Il fait très chaud. J’ai soif et ma réserve d’eau diminue à vue d’œil. Les cuisses souffrent dans les montées mais finalement, ce sont les descentes que j’appréhende le plus, ce sont elles qui me blessent les pieds. Jérôme est toujours en forme. Lui aussi a mal aux pieds. Je minimise ma douleur, je veux profiter à fond de ces moments avec lui. Sur le plateau, nous rattrapons une coureuse avec qui nous échangeons quelques mots. Nous la retrouverons régulièrement tout au long du parcours.

Nous traversons des lieux-dits aux noms évocateurs :

« Coton » : ce qui n’est pas le cas du parcours

Source: vincerunner

Et « la belle étoile » : oui, j’y passerais bien la nuit

Source: vincerunner

A ce stade il ne me reste quasiment plus d’eau. Finalement, nous arrivons au ravitaillement de la Trétoire, un peu avant le 38ème. Comme l’année dernière ce ravitaillement est le bienvenu. J’ai droit à un accueil spécial de la part du speaker car j’ai le dossard n°1 et un T-shirt Jaune… Il me fait remarquer que je ne suis jamais content parce que l’année dernière il y avait de la boue et cette année je trouve qu’il fait trop chaud. Mais j’aime bien la boue moi… Je bois tout ce que mon corps peut absorber de liquide et je refais le plein de ma poche à eau au maximum. Je décide de ne pas remettre de poudre, j’ai peur d’avoir du mal à boire. J’ai un goût sucré dans la bouche et j’ai du mal à m’alimenter. Il y a des makis confectionnés par Lucas et Céline. Ils sont délicieux et ça passe bien. C’est une idée à retenir…

Nous repartons tranquillement, je me suis bien hydraté et ma poche à eau est pleine. A partir d’ici les ravitaillements sont plus proches, ce qui, sur le plan psychologique, est un soulagement.

Je sais que si la partie qui arrive maintenant est moins éprouvante  que la précédente  car plus roulante, elle n’en reste pas moins difficile car on court tout le temps et on a déjà parcouru 38 km…

Lorsque ma montre affiche la distance du marathon je le signale à Jérôme en lui disant que tous les km accomplis à partir de maintenant ne sont que du bonus et du bonheur. Quand nous arrivons ensuite au km 44 (d’après ma montre) et je lui signale que nous sommes à mi-parcours. Nous arrivons dans une partie boisée un peu technique avec un petit ruisseau à franchir à plusieurs reprises. Jérôme semble très frais, il traverse le ruisseau avec une facilité déconcertante. Moi je suis déjà dans le dur et j’ai très peur de me casser la figure. De plus mon pied droit me fait vraiment souffrir. Je doute de tenir jusqu’à l’arrivée mais je ne veux rien dire. Nous sommes partis ensemble, nous finirons ensemble. Coûte, que coûte…

Une petite montée suivie d’une grosse descente et nous arrivons au troisième ravitaillement à Bellot.

Source: Jocelyne

Ce ravitaillement est situé dans des locaux au bord de la piscine et j’avoue que l’idée de tremper mes jambes dans l’eau froide me traverse l’esprit. Je refais le plein d’eau, mange un peu. Jérôme s’assoit et nous prenons notre temps. A ce stade nous avons parcouru 52 km et pour moi ça devient très dur. Nous finissons par repartir. C’est le ravitaillement où nous avons passé le plus de temps.

Le départ s’effectue dans une grande montée que nous attaquons en marchant. Cette marche est bénéfique pour une reprise. Nous discutons de choses et d’autres. Je sens les cailloux sous ma chaussure… Nous arrivons au sommet de la côte où nous attends un petit morceau de plat et nous entamons la descente vers Verdelot. Cette descente est pénible. Mon pied chauffe dans ma chaussure et quand la pointe de mon pied en heurte le bout c’est presque insupportable. Habituellement j’apprécie les montées pour le rythme lent qu’elles imposent et les descentes parce que l’on peut s’y laisser aller mais là j’appréhende tout… A un moment, nous dépassons la coureuse que nous avions rencontré avant le deuxième ravitaillement.

Un peu avant Verdelot, nous rejoignons un petit groupe de coureur. L’un deux à son short déchiré et je me demande s’il s’est fait ça pendant cette course. A l’entrée du village nous apercevons un coureur allongé sur le bord de la route. Nous nous arrêtons. Je le reconnais, c’est Gérald, un habitué de la course et des recos. Nous discutons un peu avec lui. Il nous dit de ne pas nous inquiéter, qu’il est coutumier de ce genre de problèmes et que c’est lié à la chaleur. Connaissant son palmarès, je le crois sur parole. Il nous demande de l’aider à se relever ce que font les coureur du petit groupe, je lui ramasse ses bâtons et nous l’accompagnons un moment. Pour moi cette marche est salvatrice. Mon pied peut récupérer un peu de la descente. Je pense que le prochain ravitaillement est à 4-5 km mais selon Gérald il est plutôt à 2-3.

Nous décidons de reprendre la course mais nous aussitôt au pied d’une côte où nous décidons de marcher. Gérald nous rattrape et nous dépasse car il avance vite avec l’aide de ses bâtons. Nous le dépassons un peu plus tard et nous avançons tranquillement vers le ravitaillement du Point du Jour que nous atteignons rapidement. Gérald avait bien raison, ce n’était pas si loin. Le panorama est magnifique et nous prenons notre temps pour admirer les sculptures végétales avant de nous rendre dans les locaux du ravitaillement.

Source: vincerunner

 

Source: vincerunner

Je suis bien content d’être arrivé. J’avais passé pas mal de temps sur ce ravitaillement l’année précédente. J’en profite pour m’alimenter, je bois une soupe et je fais le plein. J’ai beaucoup moins bu sur cette partie. Les makis constituent toujours mon aliment de base. Jérôme se repose un peu et j’en profite pour chercher ma batterie d’appoint pour recharger mon téléphone. Je ne la trouve pas. Ça m’énerve car j’étais sûr de l’avoir prise. Entre temps Gérald est arrivé et se repose dans l’herbe. Je suis un peu rassuré.

L’an dernier j’avais eu beaucoup de mal à repartir et j’avais marché jusqu’à la première descente. Cette année je décide de courir pratiquement dès le départ.

Jérôme est toujours OK, rien ne semble l’atteindre, je commence à me demander si je ne suis pas en train de le ralentir.

Lors de la précédente édition j’étais totalement euphorique sur cette partie et ça m’avait totalement cramé. Cette année je sens que ce ne sera pas la même chose. Non pas parce que le mental n’est pas là mais parce que chaque pas est un véritable enfer. Il n’y a pas de grosses difficultés jusqu’au 70ème 70km. Il y a bien quelques petites montées et descentes qui piquent un peu mais finalement, ce sont les relances le plus dur. Une fois lancé, le reste suit sans trop de soucis.

Nous rattrapons une coureuse et nous sympathisons. C’est l’un des points que j’apprécie le plus sur cette épreuve, on y fait de belles rencontres. L’adversité et la douleur ont cette propension à rapprocher les gens. Nous discutons un peu, l’ambiance est sympa et ça atténue la douleur de mes pieds.

Lorsque nous passons le 70ème km, je félicite Jérôme pour son passage dans le monde de l’ultra trail. Nous arrosons ça tous les trois en buvant quelques gorgées d’eau !

Source: vincerunner

Nous abordons la dernière grosse montée avant le dernier ravitaillement. Cette côte me parait interminable mais je crois que j’appréhende encore plus la descente qui va suivre. Je suis Jérôme tant bien que mal, c’est qu’il a encore une belle énergie pour grimper le bougre.

Nous arrivons en haut de la côte et nous abordons la descente vers Sablonnières. Si ce n’est pas l’enfer, ça y ressemble fortement. Je ne sais pas comment poser les pieds, j’ai envie de hurler dès que mon pied bute sur l’avant de la chaussure ou que je le pose sur une pierre un peu saillante.

Nous arrivons enfin en bas de cette descente infernale. La bénévole qui nous attends nous signale que le ravitaillement n’est pas très loin. Je pense que nous n’avons pas la même notion du « pas très loin » qu’elle où alors c’est parce que nous avions déjà 72 km dans les jambes.

Enfin, après une grande ligne droite qui me semble interminable (presque 3km) nous arrivons au ravitaillement de La Forge.

Là c’est la fête, barbecue, bière etc. J’appréhende ce ravitaillement car c’est là que j’avais eu le plus de mal à repartir l’année dernière. Jérôme n’a pas très faim, il s’assoit sur un banc pour se reposer un peu.

J’hésite à refaire le plein de ma poche à eau car je n’ai pas beaucoup bu (c’est mauvais signe ça). Mais je le fais quand même. Je mange un petit peu, je bois un peu d’eau et de coca et craque pour un peu de bière (très mauvaise idée).

Je décide qu’il ne faut pas s’attarder et signale à Jérôme qu’il est temps de repartir.

Nous repartons tant bien que mal, la relance est difficile mais moins que l’année dernière. Le métier qui rentre ? Le corps dit stop mais le mental est là.

Rapidement nous arrivons au pied d’une côte qui me semble interminable. Nous attaquons cette montée. Je suis à bout, j’ai tellement mal aux pieds. Il ne reste que 12 km. Je me représente cette distance sur des sorties longues. Ce n’est rien, lorsque je suis en forme je les fais en 1h. Nous commençons l’ascension. Jérôme semble avoir la pêche. Nous rattrapons un coureur avec qui nous discutons un peu. Il nous dit que cette course est bien plus dure que les 100 km de Millau. Ça me rassure quelque peu car j’ai toujours eu envie de faire cette course.

Jérôme accélère d’un seul coup, je pense qu’il a envie d’en finir rapidement. Moi je suis incapable de le faire. Je garde donc mon rythme. J’aperçois le sommet de la côte, Jérôme y est déjà. Il m’encourage.

C’est en arrivant en haut de la côte que je vais vivre l’expérience la plus terrible de toute mon histoire de coureur : la double contracture ! Mes deux cuisses se contractent en même temps. J’ai terriblement peur que ces contractures ne se transforment en crampes. Jérôme m’encourage à repartir mais j’ai terriblement peur, pour la première fois depuis que j’ai commencé à courir il y a 9 ans j’ai vraiment peur de ne pas terminer une course. Si près du but, je ne peux pas le concevoir. J’exprime enfin ma douleur. Je me maudis intérieurement, je me hais, je me déteste… Je m’en veux de ne pas avoir assez bu, je m’en veux d’avoir bu cette bière à La Forge qui a du accentuer la déshydratation. Alors je bois, je bois tout ce que je peux en espérant que cela fasse effet. Et je repars tant bien que mal, toujours encouragé par Jérôme et l’autre coureur.

Je trottine, la douleur ne semble pas augmenter, les contractures se font moins menaçantes. Cette fois ci j’ai vraiment eu peur pendant une course. J’espère que ça me servira de leçon. La machine est chaude j’arrive à accélérer un peu. J’ai envie d’arriver vite, je vais appliquer cette devise qui me fait rire pendant le fractionné pyramidal : « courir plus vite pour arriver plus vite ». Je sais que maintenant ce ne sera qu’une succession de petites montées et descentes jusqu’à l’arrivée.

Dans la dernière grosse descente, le coureur que nous avions laissé nous dépasse comme un bolide. C’est ça la magie de l’ultra, rien n’est jamais joué d’avance et on peut être en détresse à un moment donné et repartir comme si de rien n’était un peu plus tard. Nous dépassons à notre tour les deux coureuses avec qui nous avons courus quelques km sur les parties précédentes. La pluie commence à tomber et le ciel s’obscurcit.

Nous arrivons enfin à Saint-Cyr-sur-Morin. Cette partie est un peu traitresse car, par la ligne droite, nous sommes à environ 500m de la ligne d’arrivée, d’ailleurs, nous entendons le speaker qui fait les annonces, mais en fait il faut faire un détour de 2 km pour y arriver. Nous marchons donc pour monter au sommet de cette petite côte. Je sais que la délivrance approche à grands pas. Jérôme est toujours devant. Pour un premier ultra je suis impressionné par sa condition physique.

Enfin nous arrivons au sommet. La suite je la connais, une descente, 2 virages et au bout la ligne d’arrivée. Je regarde brièvement ma montre et je sais d’ores et déjà que nous serons sous les 11h. Nous descendons rapidement. Nous approchons de la ligne. A quelques centaines de mètres de l’arrivée nous apercevons une bénévole. Jérôme lui demande si c’est loin, elle lui répond à droite et tout droit. Je me doute que ce n’est pas la réponse qu’il attendait et je souris intérieurement. Enfin la ligne d’arrivée. Je me mets à hurler et c’est main dans la main que nous franchissons cette ligne simultanément en 10h58’05’’. Nous sommes finisher en moins de 11h ! 28’ de mieux pour moi ! Nous nous félicitons mutuellement, nous sommes tellement heureux. Je suis 31ème et Jérôme 32ème. Ce sont maintenant des trombes d’eau qui s’abattent sur nous. Nous allons nous mettre rapidement à l’abri. Pendant que l’on nous enlève nos puces, j’aperçois Luca qui s’avance vers nous. Il me dit que ça fait seulement 5’ qu’il est arrivé, ce qui me rend encore plus fier de ma performance. Je réalise que j’ai oublié de couper mon chrono. Il indique 10h59’05’’ je le signale à Jérôme pour qu’il fasse de même. Nous profitons du ravitaillement d’arrivée, pour manger un peu et surtout boire. Il pleut de plus en plus fort et je commence à avoir un peu froid. Nous décidons d’aller nous mettre à l’abri dans la salle polyvalente. Je cours pour tenter de me mouiller le moins possible, Jérôme se contente de marcher. Je retrouve Vesna qui me signale les ostéopathes et les podologues. Nous récupérons nos affaires à la consigne et je retrouve les amis déjà arrivés. Nous discutons un peu. Je me sens bien, je suis juste heureux !

Source: Yves

Source: Yves

Source: Yves

Conclusion :

Cette édition restera pour moi gravé dans les annales à plusieurs titres :

–          D’abord c’était la première fois que je courais avec un ami du début à la fin et ces 87,5 km parcourus ensemble, ces moments d’émotion et toute la douleur que nous avons partagés en font une expérience unique.

–          Ensuite, j’ai bien saisi l’importance de bien choisir son matériel car on final, je ne totalise pas moins de 8 ampoules sur les deux pieds, dont 6 pour le seul pied droit du coup, je vais foncer m’acheter une nouvelle paire de chaussure dès que mes pieds auront dégonflé afin de préparer l’UTPMA sereinement.

–          Enfin, j’appréhendais de courir cet ultra seulement 3 semaines après le marathon de Paris. Certes je n’avais pas les mêmes sensations mais la performance était au rendez-vous.

Vivement l’édition 2018 !

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