Mon Ultra Trail de la Brie Des Morin

Mon Ultra Trail de la Brie des Morin

Voilà un petit moment que je n’avais pas rédigé de compte rendu de course mais mon premier Ultra Trail en mérite bien un.

Tout a commencé il y a un peu plus d’un an alors que Vesna Baron me contacte via Facebook. Sa proposition me semble alléchante : Des trails sympas, proches de chez moi, une bonne ambiance etc. Si ce n’est pas le Paradis, ça y ressemble fortement. Il y a toutes les distances du 10 km jusqu’à l’Ultra Trail de 87 km. Il y a un petit moment que songe à faire de la longue distance, surtout depuis que j’ai échangé avec Greg Runner en commentant ses récits de courses et en discutant avec Luc. Comme en 2015, j’ai couru le marathon de Paris et que la course tombe 15 jours après, je décide de m’inscrire sur le 10 km, la course des têtards. Cette distance me paraît raisonnable après un marathon et me permettra de me faire une idée car je n’ai jamais couru de trail. A l’issue de cette course, je suis reparti avec un sentiment de frustration car je reste persuadé que j’aurais pu faire beaucoup plus. Cette année j’ai donc décidé d’aller plus loin.

Ne sachant pas trop comment préparer cette épreuve, j’ai discuté avec pas mal de coureur via facebook et dans mes relations. Si les avis divergeaient sur les plans à adopter (avec ou sans sortie longue de plus de 3h heures), tous étaient unanimes sur le fait qu’il faille commencer la préparation très en amont en augmentant le volume de distance. L’idée étant d’arriver à courir dans la semaine la longueur de l’épreuve. J’ai donc commencé dès le mois de septembre à augmenter mon nombre de sorties hebdomadaires pour arriver à un kilométrage de 80 à 100 km par semaine. J’ai ensuite ralenti un peu pour préparer le marathon de New-York avant de reprendre progressivement.

J’ai attaqué le plan spécifique ultra trail avec mon coach favori, Jiwok, en février. J’ai toujours été fidèle à mon coach car il m’a toujours amené vers mes objectifs. Bon, j’avoue que j’ai eu un peu de mal à suivre certaines séances de ce plan, non pas en raison de ma disponibilité mais plutôt en raison de la difficulté de trouver la topographie adaptée à la séance. Allez trouver une côte suffisamment longue pour pouvoir monter 20’ en continu vers Meaux et sur Paris ! C’est un peu difficile.

15 jours avant l’épreuve, le stress a commencé à monter sérieusement. Déjà 87 km, rien que ce chiffre me faisait peur, allais-je tenir le coup ? Qu’allait-il se passer pendant tout ce temps ? Mon matériel était-il adapté ? Cette dernière question m’aura tenue jusqu’à la veille de l’épreuve où il a fallu que je prenne in-extremis la décision de changer de chaussures.

La nuit précédant l’épreuve je dors plutôt bien et c’est relativement serein que je me rends sur la ligne de départ non sans avoir pris un petit déjeuner adapté.

Une fois sur place, je retrouve des têtes connues dont Lucas et Rémi, et j’en profite pour discuter un peu avec des trailers aguerris pour avoir quelques infos supplémentaires.

A 8h07, le départ est donné sous une petite pluie fine. J’essaye de partir au rythme de mes sorties longues, autour de 11 km/h. Je ne veux pas me fatiguer à ce moment-là.  Je suis assez concentré et très rapidement nous quittons le bitume pour nous élancer sur les chemins agricoles. Il a plu les jours précédents et le terrain est bien humide. Ça annonce de la boue bien collante sur certains passages. Je sympathise avec un autre coureur qui a pas mal d’ultras à son actif nous discutons ainsi jusqu’au ravitaillement du 18ème km à Doue. Du coup je n’ai que peu de souvenirs de cette première partie de la course car trop occupé à discuter.

Temps pluvieux au départ

Source: vincerunner

Le départ est proche !

Je me rappelle les conseils sur l’alimentation et l’hydratation et je m’efforce de boire régulièrement et au 9ème km j’avale un tube de gel.

Arrivés à Doue, nous ratons une bifurcation, comme quoi discuter n’est pas forcément le bon plan en trail. C’était ce que je craignais le plus. Heureusement, nous avons fait aussitôt demi-tour et nous avons retrouvé le chemin. Nous en serons quitte pour à peine 100 m de plus et je ne me perdrais plus car le balisage était parfait. C’est à ce ravitaillement que je perds mon accompagnateur, il s’arrête à peine alors que je prends le temps d’avaler un morceau et de refaire le plein d’eau. Il faudra que j’attende le ravitaillement du 62ème km pour le retrouver. Du coup c’est en solo que j’attaque cette seconde partie, à mon sens la plus dure de tout le parcours. Pour faire simple cette partie se résume à un enchaînement de côtes et de descentes toutes plus boueuses les unes que les autres. Cette boue est tellement collante et glissante qu’il faut faire très attention. J’ai eu beau être très prudent, j’ai quand même chuté dans une descente du coup mon côté droit me faisait ressembler à Ben, l’homme de pierre. Il aura fallu que j’attende 7 où 8 km pour trouver un point d’eau où me laver. La boue avait déjà eu le temps de sécher. Comme je n’ai plus personne pour m’accompagner, je prends un peu plus mon temps et en profite pour faire quelques photos.

Un petit orvet

Source: vincerunner

Il est mignon cet orvet !

Le ravitaillement du 37 km à la Trétoire est vraiment le bienvenu. Il y a là de la soupe chaude et tout un tas d’autres choses qui font du bien. Je me demande si je n’ai pas basculé dans le monde d’Alice au Pays des Merveilles car il y a là un grand lapin blanc avec qui je me fais prendre en photo. Je profite bien de ce ravitaillement. J’échange quelques mots avec le bénévoles ainsi qu’avec les autres coureurs. Ça me fait vraiment du bien. Je me décide enfin à repartir.

Une pause avec le grand lapin blanc

Source: vincerunner

Vincent et le grand lapin blanc

La relance est un peu difficile et je marche un peu avant de recommencer à courir. Cette partie est plus simple. Beaucoup de chemins agricoles et peu de dénivelé. Ça change. Le trajet s’effectue tranquillement jusqu’au ravitaillement suivant. Je croise au passage un coureur qui semble peiner. Je l’encourage de quelques mots et fais quelques pas avec lui. Je n’oublie pas mon hydratation et mon alimentation et je prends un gel.

Petit arrêt au ravitaillement du 51ème km à Villeneuve. Je prends juste le temps de manger un petit morceau et de refaire le plein d’eau. C’est à ce moment que j’ai une mauvaise surprise. Ma Fénix 3 déconne complètement et m’indique que j’ai parcouru 56 km soit 10% de plus que ce que j’ai parcouru réellement. Il y a-t-il une promo sur les km chez Garmin ? Je ne sais pas si c’est lié au mode UltraTrack, à la mise à jour de la veille ou au parcours que j’avais chargé dans la montre pour être sûr de ne pas me perdre mais ça m’énerve un peu. Heureusement, en appliquant une correction de 10% je sais exactement où j’en suis.

Distance au 51ème km

Source: vincerunner

Il y a un problème avec la Fénix 3

La véritable distance

Source: vincerunner

Cette fois, je repars sans trop de problème. Il y a  un peu plus de dénivelé mais rien à voir avec la deuxième partie du parcours. La fatigue commence un peu à se faire sentir mais le moral est au top. J’ai déjà couru plus que je n’ai jamais couru. Je me sens bien malgré la fatigue.

Le ravitaillement suivant n’est pas loin, on y accède par les magnifiques « Jardins du Point du Jour ». Je trouve cet endroit extraordinaire avec ses sculptures, ses arbres. Il faudra que je revienne les visiter.

Les jardins du point du jour 3

Source: vincerunner

Arrivée au jardin du point du jour.

Les jardins du point du jour 2

Source: vincerunner

Les jardins du point du jour 1

Source: vincerunner

C’est l’occasion de retrouver mon accompagnateur de la première partie qui repart au moment où j’arrive. Je profite bien de ce ravitaillement. Il y a beaucoup de choses pour se sustenter et après avoir bu pas mal de coca, je profite d’une soupe chaude et d’un peu de solide. Il y a un kiné que met un peu de froid sur mes muscles endoloris. La reprise est difficile, le faux plat montant me semble insurmontable. Je me décide donc à marcher jusqu’à la descente qui n’est pas loin.

Un drôle d'obstacle

Source: vincerunner

On nous a mis un drôle d’obstacle sur le parcours !

Je commence à courir un peu dès la légère descente entamée et tout semble revenir. La machine se remet progressivement en route. Curieusement je me sens euphorique et je cours, même dans les côtes. Je me sens léger, j’ai presque l’impression de voler. Je dépasse quelques têtes connues que j’avais rencontré lors des recos. C’est dans cet état second que j’atteins le dernier ravitaillement, celui de La Forge au 75ème km.

Quel beau ciel !

Source: vincerunner

Les paysages sont magniques

C’est un petit ravitaillement mais j’en profite pour faire le plein. J’aurais dû me méfier de cet état d’euphorie car je n’arrive plus à repartir. J’ai l’impression que chacune de mes jambes pèse une tonne. A peine ais-je parcouru 20m qu’il commence à pleuvoir légèrement. Voilà un bon prétexte pour m’arrêter et remettre mon coupe-vent à capuche. La relance est tout de même difficile. Cette dernière partie s’annonce mal.

Curieusement, si le physique ne suit plus, le moral, lui, est toujours là, sans doute car je sais qu’il ne me reste que 12 km et que quoiqu’il arrive je vais finir. J’avance donc à un rythme tranquille. Je me fais rattraper par un autre coureur mais il semble fatigué. Il me dit qu’il n’arrive plus à avancer. Je le rassure en lui disant qu’il a tout de même réussit à me rattraper et qu’il va repartir. Nous parcourons quelques km ensemble. Je marche dans les montées et cours dans les descentes. Lui au contraire, arrive à trottiner dans les montées mais ne peut pas courir dans les descentes. Finalement je le laisse et continue à mon rythme. Il me dépassera quelques km avant l’arrivée et finira 2’ devant moi.

Enfin je vois le panneau qui annonce Saint-Cyr / Morin. Une dernière côte, suivie d’une bonne descente dans les champs et je vois la ligne d’arrivée qui se profile.

Je franchis la ligne d’arrivée en 11h26’39’’ ce qui me vaudra au final une belle place de 36ème/115. Je n’en demandais pas tant pour une première expérience, moi qui comptais juste finir dans les barrières horaires.

Je suis heureux, je me sens bien. Je retrouve Vesna et je lui dis combien je suis heureux. Oubliée la fatigue et la douleur. Il ne reste que le bonheur de l’exploit accompli. J’hésite entre rentrer tout de suite et rester un peu pour discuter avec les autres. Finalement je décide de rester et de prendre une douche car je suis couvert de boue. Dans les vestiaires je retrouve Rémi avec qui je peux discuter un peu. Il repart pour les 10 km nocturne de la course des têtards. Bien évidemment, comme je ne pensais pas prendre de douche je n’ai rien pour me laver et me sécher. Mais bon, j’emprunte un peu de gel douche et je me sèche avec ma polaire de Finisher. C’est l’occasion de discuter avec les autres coureurs. Sous la douche je découvre mon corps meurtri par le textile qui a dû rouler un peu. J’ai des brûlures sur la face interne des cuisses et des lacérations sur tout le dos. Cette douche a été le moment le plus douloureux de la journée.

Ma belle polaire de finisher 2

Source: vincerunner

Ma belle polaire de finisher

Avec le crapaud sonneur à ventre jaune

Source: vincerunner

Avec le crapaud sonneur à ventre jaune

J’avale une soupe avant de repartir et prend le repas offert « à emporter ». Je veux absolument fêter ça avec ma femme.

Je marche bizarrement, j’ai mal partout mais je suis tellement heureux. Il me tarde déjà d’être à l’année prochaine pour participer à l’édition 2017.

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