Marathon de Paris 2015 : La revanche ?

L’année dernière, le marathon de Paris m’avait laissé un goût particulièrement amer ; J’avais fini comme une véritable loque (voir mon CR de l’année dernière ici: http://vince-runner.fr/marathon-de-paris-2014/ ) et j’en étais au point d‘être dégoûté. Heureusement, celui de La Rochelle m’a réconcilié avec la distance.

Cette année je n’ai pas pu me préparer sérieusement en raison d’une petite déchirure au mollet droit, alors je ne me fixe pas vraiment d’objectif de temps. Je me dis qu’aux alentours de 3h30 ça ne serait pas mal, l’objectif principal étant de prendre du plaisir et de me réconcilier avec cette épreuve. C’est néanmoins plein d’appréhension que je me  dirige sur la ligne de départ. Depuis déjà plusieurs jours je n’avais pas envie d’y aller. C’est dire à quel point j’étais dégoûté !

Je prends la ligne 13 à Etienne Dolet, sur le quai je rencontre d’autres coureurs avec qui je discute pendant le trajet. Sur les conseils de l’un d’entre eux, je décide de faire un peu de tourisme. Au  lieu de d’arriver par la ligne 6 et de descendre à Kleber, je descends à Champs Elysées – Clemenceau. Cela me permet de voir l’arche de départ et la grande avenue déserte.

Je me rends dans le sas des 3h15 qui est encore relativement désert. Après un passage rapide aux urinoirs, j’avance un peu là où les coureurs commencent à se rassembler. Je me retrouve à côté d’une personne qu’il me semble reconnaître :Karine, mais  comme je ne suis pas sûr que ce soit elle, je n’ose pas l’aborder. Il est vrai que nous ne nous connaissons que par Facebook. C’est d’ailleurs en échangeant avec elle un peu plus tard sur le réseau que j’ai eu la confirmation que je ne m’étais pas trompé. Nous avons même couru ensemble pendant un moment.

Départ du Marathon

Source: vincerunner

Le départ est donné vers 8h50 et je passe la ligne à 8h52. A peine est-elle franchie que j’ai déjà une envie pressante. Au moins je n’ai pas commis la même erreur que l’année précédente et je ne suis pas déshydraté avant même de partir. Bon, il faudra que je tienne jusqu’au bois de Vincennes avant de pouvoir faire une pause. Afin de ne pas réitérer les mêmes erreurs que l’an dernier, je décide de partir doucement pour ne pas risquer de m’épuiser avec un départ trop rapide.

Le départ sur les Champs Elysées est toujours aussi grisant mais cette fois-ci j’évite de me laisser emporter et je reste concentré sur mon objectif : pas d’objectif chronométrique mais plutôt prendre du plaisir pour ne pas finir dans d’atroces souffrances comme l’année précédente. Je suis Karine sur les premiers km, j’avais repéré dans le sas son bracelet avec les temps de passage pour 3h23, mais rapidement elle me distance.

Les km s’enchaînent avec facilité. Je reste concentré sur mes sensations afin d’ajuster mon rythme en cas de besoin. Je passe sans encombre le km 6, où j’avais eu mes premiers doutes l’année précédente. Au km 9 je marque un petit arrêt technique qui me fera perdre près d’1 mn mais qui était nécessaire. Du reste ce sera le seul de tout le parcours. Cet arrêt me fait passer d’une allure moyenne de 4’45 » à 4’50″/km mais cela ne m’inquiète pas outre mesure.

J’arrive au km 12 qui marque le début de la route de la Pyramide. C’est vers cet endroit que mon calvaire avait commencé lors de la précédente édition. C’est là que j’avais eu si chaud sous ma casquette noire et sous mon sac à dos. Cette année aussi il fait chaud mais j’ai choisi une tenue plus adaptée: casquette blanche, T-shirt blanc et pas de sac à dos. Il  y a un peu de vent, c’est plutôt agréable. Pour le moment tout va bien, je suis serein.

Au  ravitaillement du 16ème km, je prends un tube de gel et j’en fait tomber un au passage. Je maudis ma ceinture porte-gel que j’ai mal contrôlée avant de partir et qui était abîmée. J’ai dû ranger des tubes dans les poches de mon short. Tant pis ! ce n’est pas très grave ! Je prendrais du solide au prochain ravitaillement. Un coup d’œil à mon GPS m’apprend que mon allure est repassée de 4’50 » au km après ma pause à 4’45 » ce qui signifie que j’ai pu accélérer. L’année dernière, dans cette même descente je ralentissais.

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Source: Maindru Photo

Le semi est passé en 1h41′, c’est très correct. Je suis content, tout va bien. Une fois passée la place de la Bastille, on retourne sur du plat. Je sens que mes cuisses et mes mollets commencent à durcir. On dit que le marathon commence réellement après le passage du semi et cela se vérifie une fois de plus. Je constate d’ailleurs au passage du 25ème que j’ai perdu 1s sur mon allure moyenne depuis le début de la course.

Après le 25ème, j’entre dans le long tunnel du Louvre. L’année dernière je l’avais détesté. J’étais déjà très mal en point et je l’avais trouvé glauque plongé dans le noir complet. Cette année, il n’est pas dans le noir et il n’y fait pas aussi chaud que d’habitude. Il y a quelques animations et des lasers qui font des dessins un peu partout. Je trouve cette ambiance plutôt sympa et j’adresse un petit signe à un DJ sur le bord du tunnel pour lui signifier que je trouve ça super. A la sortie du tunnel, je constate que j’ai perdu 4″ sur mon allure moyenne, c’est une chute impressionnante mais je relativise, j’ai un moral de battant cette année. A y regarder d’un peu plus près, je constate que mon garmin a perdu 400m de distance. Lui qui affichait 200m d’avance par rapport aux panneaux avant le tunnel, en affiche maintenant 200 de retard. Ça m’aide à garder le moral.

Le ravitaillement du 29ème est en approche place de Varsovie, Je sens que ça commence à tirer sérieusement. Je regarde les coureurs assis en train de se faire masser les jambes, je me dis que je ferais bien de même mais j’ai peur de ne pas pouvoir repartir après. Je poursuis donc ma route et je profite d’une poubelle pour jeter ma ceinture porte gel car j’ai encore perdu un tube.

Vient ensuite le 30ème et son fameux mur qui existe vraiment, je l’ai même pris en photo ! Je me dis que c’est maintenant que ça va devenir difficile…

Le mur du 30ème

Source: vincerunner

Effectivement ça tire de plus en plus dans les jambes mais le moral, lui, reste positif. Je n’ai pas de douleur particulière, juste l’allure qui diminue. Les kilomètres s’égrènent de plus en plus lentement jusqu’au 35ème. Le moral est toujours au beau fixe mais les jambes souffrent de plus en plus. Au ravitaillement je m’arrête complètement et en profite pour boire et manger des oranges que je trouve absolument délicieuses.

Je repars doucement. J’ai de plus en plus de mal à avancer et de plus en plus soif alors que je viens de boire au ravitaillement. Un peu avant le 37ème je décide de marcher un peu car mes mollets commencent à se contracter sérieusement. Je marche donc sur 200m juste avant le panneau du 37ème puis je repars. J’ai vraiment soif. On m’offre quelques bretzels sur le parcours mais impossible de les manger tellement ma bouche est sèche. La sensation de soif est vraiment terrible et je me dis qu’il faut encore tenir environ 3 km avant le ravitaillement du 40ème.

Au 39ème je marche encore un peu. Arrive enfin le ravitaillement tant attendu du 40ème. Ce n’est pas une mais deux bouteilles d’eau que j’avale ainsi que quelques quartiers d’orange. Je me sens maintenant d’attaque pour tenir jusqu’à l’arrivée. Dorénavant, je vais courir sans m’arrêter jusqu’à la fameuse arche. La souffrance n’est pas morale comme l’année précédente mais purement physique.

Vitesse marathon

Source: ASO

Enfin, je suis en vue de la ligne d’arrivée, je n’arrive même pas à accélérer. Je franchis l’arche, heureux d’en avoir fini et de ne pas être dans le même état que l’année précédente. Cette année je ne vomis pas après l’arrivée, ce qui est une première, je ne marche pas en canard et je ne suis pas plié en 2. Je récupère ma médaille, mon poncho et mon T-shirt. Je sors avant les consignes. Cette sortie est vraiment agréable, ça change de la sortie unique des éditions précédentes où tout le monde s’agglutinait et où il était impossible d’avancer. Là tout se fait de manière fluide Il y a bien un peu de monde derrière la barrière mais je sors sans problème.

Je m’arrête sur un trottoir histoire de me reposer un peu et de faire quelques étirements. Un coureur espagnol, vient prendre place à côté de moi. Il me demande s’il peut utiliser mon téléphone pour appeler sa femme et lui expliquer où le rejoindre. Vu son état, je me dis qu’il ne risque pas de s’enfuir avec mon téléphone et je lui prête volontiers. Nous échangeons ensuite quelques mots. Heureusement que je parle et que je comprends un peu l’espagnol. Suffisamment en tous cas pour comprendre que « c’est un marathon de merde qui n’arrête pas de monter et descendre et qu’il n’est pas aussi facile qu’il y parait ». Je reprends ensuite mon chemin en direction du métro. Cette année j’avance sans trop de difficultés, je suis en tous cas en bien meilleur état que certains coureurs. Je n’ai même pas de problèmes pour descendre les escaliers du métro alors que certains les descendent à reculons ce n’est pas sans m’évoquer quelques souvenirs.

Arrivée du marathon

Source: vincerunner

Conclusion, ce marathon ne restera pas dans les annales, ni comme le meilleur, ni comme le pire. Il m’a permis d’oublier celui de l’année dernière qui s’était vraiment mal fini. Certes je n’ai pas eu mal et j’étais mal préparé à cause de ma blessure mais je pensais quand même faire un peu mieux. Même si je n’ai pas trop mal, je ne suis quand même pas aussi bien qu’après le marathon de La Rochelle où je n’avais pas l’impression d’avoir couru et où j’aurais pu recourir 2 jours après. Là, à l’heure où je finalise cet article, soit une semaine après, j’ai encore quelque petites douleurs dans les jambes. Est-ce parce qu’il n’a lieu que 4 mois après le marathon de La Rochelle et que la récupération n’est pas complète ? Je ne sais pas. Je vais donc laisser passer un peu de temps avant de le refaire et je vais essayer d’intégrer un peu de changement dans mes courses. Je pense faire l’Ultra Trail Brie des Morin l’année prochaine et peut être un marathon un peu plus tard vers la fin mai.

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