Alimentation et perte de poids

Le chemin qui mène à la perte de poids est long et parsemé d’embuches. Il m’aura fallu 13 ans pour passer sous la barre des 85 kg. Quand je vois d’où je suis parti, je me dis que ce n’est pas si mal et qu’au final il y a de quoi être fier. Certains trouveront sans doute que c’est long, mais compte tenu des aléas de ma vie professionnelle et personnelle, c’est plutôt une belle réussite.

Le principal, lorsque l’on se décide à perdre du poids est d’accepter l’échec et de le considérer comme faisant partie intégrante du chemin vers la réussite. On peut ne pas être d’accord avec moi sur ce point, mais celui qui accepte l’échec a plus de chance de réussir que celui qui ne l’accepte pas et qui va changer de voie dès le premier obstacle.

A titre personnel, lorsque j’ai pris conscience de mon obésité, en avril 2000, je mangeais et je fumais beaucoup (plus d’un paquet par jour). j’ai décidé d’arrêter de fumer et de me mettre au régime en même temps. Au final, il m’a été plus facile de moins manger que d’arrêter de fumer. J’ai « définitivement » arrêté de fumer le 26/02/2006 après un certain nombre de tentatives infructueuses… Cela ne m’a pas empêché d’y arriver.

Le deuxième point essentiel est d’apprendre à ne pas culpabiliser. Je ne suis qu’un être humain avec ses défauts et ses qualités, ses forces et ses faiblesses. Et oui, comme un certain nombre d’entre vous, il m’arrive d’avoir un coup de pompe ou une baisse de moral et de m’empiffrer avec tout ce qui me tombe sous la main. Et alors? Je fais avec… le principal étant d’analyser comment et pourquoi on en n’est arrivé là et de voir ce que l’on peut faire pour éviter que ça ne se reproduise. Et surtout, surtout, ne pas culpabiliser. La culpabilité est le pire ennemi de la perte de poids. Le fait de se jeter sur la nourriture quand quelque chose ne va pas, s’explique simplement par la sécrétion d’endorphine au niveau du cerveau lorsque l’on mange certains types d’aliments (ceux que l’on qualifie de régressifs et qui peuvent varier d’une personne à une autre). Il faut donc apprendre à se défaire de ce sentiment de culpabilité qui nous pourrit la vie.

Ensuite, il faut apprendre à s’accepter tel que l’on est et non pas tel que l’on voudrait être. Si l’on ne s’accepte pas avant de commencer une démarche de perte poids, le chemin est beaucoup plus difficile à parcourir, car le moindre écart ou la moindre reprise de poids apparaît comme un échec cuisant. Au contraire, si l’on s’accepte tel que l’on est, le moindre gramme perdu apparaît comme une victoire. C’est un peu l’histoire du verre à moitié plein ou à moitié vide. Selon la manière dont on part on voit l’un ou l’autre…

Nous sommes souvent admiratifs devant des personnes qui ont décidé de perdre du poids et qui, à force de volonté, y sont arrivées du premier coup. Si la performance est remarquable, il n’en faut pas moins rester lucide, et se dire que, contrairement à ce qui est prôné actuellement, nous ne sommes pas tous égaux. La nature ne nous a pas fait tous pareils et c’est bien ce qui fait la richesse du genre humain. Certains peuvent s’empiffrer sans prendre un seul gramme et d’autres vont prendre 1 kg juste en regardant un éclair au chocolat. Pourquoi, de ce fait, devrions-nous tous réussir à perdre du poids du premier coup?

Le meilleur conseil que je puisse donner à quelqu’un qui souhaite perdre du poids et reprendre une activité sportive est: Connais-toi toi même! Pour cela rien de mieux que de commencer par voir un médecin et un nutritionniste comme je l’ai fait à l’époque. En effet, il vaut mieux prendre des avis médicaux avant de commencer, je parle ici surtout pour ceux qui comme moi ont beaucoup de poids à perdre et non pas à ceux ou celles qui souhaitent perdre 2 ou 3 kg avant l’été pour pouvoir se mettre en maillot de bain sur la plage. Pour cette dernière catégorie de personnes, un simple arrêt de la tartiflette hivernale avec reprise d’une activité sportive modérée devrait suffire.

Pour les autres donc, un rendez-vous chez son médecin généraliste et chez un nutritionniste constituent un bon début. Cela permet d’avoir des conseils avisés sur la reprise d’une activité sportive et sur l’alimentation à suivre. Accessoirement, se faire aider par un psychologue ou un thérapeute peut aussi être utile. A chacun d’évaluer sa charge émotionnelle, je reviendrais dessus un peu plus loin, et de voir s’il peut la porter seul ou non. Une fois les conseils pris, on peut s’engager sur le chemin parsemé d’embuche qu’il va falloir gérer.

Tout d’abord, après l’euphorie des premiers kg perdus, va succéder l’angoisse du palier. Il faut savoir, qu’il va y avoir plusieurs paliers qui peuvent durer plus ou moins longtemps selon les individus (j’ai eu des paliers qui ont duré jusqu’à 1 an!). Dans ces cas là il faut toujours garder espoir et ne pas chercher à intensifier le régime ou à augmenter massivement sa dose de sport, l’organisme ne le pardonnerait pas (je sais je suis passé par là!). Il faudra donc patienter et apprendre à ne pas perdre espoir. Une petite consultation chez le nutritionniste peut permettre d’y voir plus clair. Encore un conseil, il faut trouver les bons praticiens (médecins, nutritionniste etc.), il est important que le courant passe et il ne faut pas hésiter à changer si le feeling n’est pas bon. Le bouche à oreille est certes une bonne méthode, mais il ne faut pas oublier que nous sommes unique et que ce qui convient à une personne ne me convient pas forcément.

La perte de poids est dépendante de 3 facteurs:

– Ce que l’on est, le facteur psychologique

– Ce que l’on fait, l’activité physique que l’on se donne

– Ce que l’on mange.

Le facteur psychologique est, de par mon expérience, sans doute le plus important. Pour perdre du poids, il faut d’abord être bien dans sa tête (ce que l’on retrouve dans l’expression mens sana in corpore sano ou, pour reprendre le nom d’une célèbre marque de chaussure, anima sana in corpore sano). Cela peut ressembler à un poncif mais c’est néanmoins important. Il est difficile de parcourir le chemin de la perte de poids si on porte un certain nombre de « valises ». Ces « valises » sont des fardeaux que l’on porte en nous parfois depuis l’enfance. Il peut s’agir de choses que l’on n’a jamais osé dire à sa famille ou autre ou des problèmes avec soi (l’acceptation de soi dont je parlais plus haut).

J’ai mis très longtemps à poser mes valises, et j’en porte sans doute encore quelques unes. Mais aujourd’hui ça va beaucoup mieux et je me sens plus léger au sens propre comme au sens figuré. La consultation d’un thérapeute peut être une bonne idée. Le fait de pouvoir parler à une personne qui est là pour écouter et aider sans juger apporte un grand réconfort. J’y ai eu moi même recours occasionnellement.

Reprise d’une activité sportive:

Le choix d’une activité dépend de chaque individu. Il faut pour cela bien se connaître et prendre conseil auprès de son médecin et éventuellement faire plusieurs essais. A titre personnel, j’ai fait du vtt, du fitness, de la boxe thaï et maintenant de la course à pied. La course à pied est ce qui me convient le mieux. Pourquoi? Tout d’abord parce que c’est un sport qui ne coûte pas trop cher, un short, un T shirt et une paire de chaussures suffisent pour commencer. Avec ce simple matériel, qui se loge facilement dans une valise ou un sac, il est facile de pratiquer partout. Le matin de bonne heure, pendant sa pause déjeuner au travail, le soir en rentrant chez soi et même en voyage. Ensuite, quand je cours, je suis seul.  C’est un moment que je prends juste pour moi, sans personne. Il est de nos jour important d’avoir des moments rien qu’à soi dans cette société hyper connectée où la pression du travail, de la famille et des amis n’est pas forcément négligeable. Et puis, quand on a la chance de courir comme moi à la campagne, c’est très agréable de pouvoir observer la nature en courant.

L’alimentation est le troisième facteur de la perte de poids et non des moindres. Le meilleur conseil que je puisse donner dans ce domaine est de consulter un médecin nutritionniste car il pourra mettre en relation les aspects médicaux et nutritionnels. Il pourra en outre proposer un service « sur mesure »

Pour ceux ou celles qui n’ont pas forcément envie d’un suivi médical de peur d’être jugé en cas de reprise et qui préfèrent se lancer seuls dans l’aventure, il faut respecter quelques règles :

–          Un bon régime est celui qui autorise tous les groupes d’aliments. Il n’y a, à mon sens, qu’un seul aliment qui puisse être totalement supprimé de l’alimentation sans risque pour la santé, c’est l’alcool. On peut aussi supprimer le sucre raffiné à condition de le remplacer par du miel ou du sucre non raffiné. Il ne faut pas oublier que le sucre est utile au cerveau et que s’il peut être apporté par les sucres lents, un peu de sucre ne fait des fois pas de mal.

–          Eviter les régimes miracles ou les poudres de perlimpim, à part faire maigrir le porte-monnaie, ça ne sert pas à grand-chose (je sais de quoi je parle, j’ai essayé pour vous…)

–          Il ne faut jamais sauter de repas et ne pas oublier le goûter car il évite la fringale du soir. Il ne faut pas non plus sauter de repas pour rattraper un excès.

–          Enfin, manger doit rester un plaisir. Maigrir doit rimer avec plaisir et non avec souffrir. Il est tout à fait possible de se faire plaisir en mangeant, sans pour autant engranger des calories. Il existe de nombreux ouvrages qui traitent de cuisine légère et bonne, il ne faut pas hésiter à les consulter.

–          Enfin, il ne faut pas se transformer en asocial sous prétexte que l’on se met au régime. Etre au régime ne doit pas signifier la fin de toute vie sociale. Si on évitera soigneusement les soirées bien arrosées dont on oublie comment elles se sont terminées en se réveillant le matin, on pourra toujours se faire des repas entre amis ou en famille (je conseille quand même de limiter à un ou deux maximum par semaine). Tout cela sans culpabiliser bien évidemment. Il faut essayer tout de même de rester raisonnable sur les quantités. Pour ceux ou celles qui culpabiliseraient après un bon repas, je conseille un bon footing le lendemain, de préférence un sortie longue à allure modérée. Cela permet de brûler des calories tout en se vidant la tête.

Il ne faut pas oublier qu’un régime peut se résumer par l’équation suivante : Apports<dépense. Si cette équation est à prendre avec des pincettes car elle ne tient pas compte de certains paramètres (Apport journaliers en vitamines minéraux et autres, métabolisme de base etc.), elle fait ressortir une évidence, la quantité de ce que l’on peut manger dépend de l’activité que l’on se donne. Donc, si on ne veut pas avoir trop l’impression de se restreindre, il suffit d’augmenter un peu l’activité physique que l’on se donne. Attention à ne pas en faire trop, l’excès de sport peut aussi être source de pathologies.

En conclusion, il peut sembler compliqué de se lancer dans une perte de poids mais au final c’est plus simple qu’il n’y parait. C’est pour cela qu’il est préférable de se faire accompagner au début comme je l’ai fait moi-même. Après, l’expérience et la connaissance de soi vont rendre les choses plus faciles.

Dernier conseil et non des moindres, dans le cadre du suivi du poids, ne jamais se peser le lundi, toujours attendre le mercredi. Pourquoi ? Tout simplement parce que l’on peut faire des excès le weekend et que ceux-ci vont mettre quelques jours à se résorber (temps de digestion etc.).


 

3 réponses à Alimentation et perte de poids

  1. bravo bel exemple . j’ai moi meme quelques kilos à perdre et je suis très gourmande donc c’est vrai que ce n’est pas facile tous les jours

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  3. Anna Coluthe-Mode-d'Emploi dit :

    Merci beaucoup de partager cette expérience. Ce que je viens de lire dans cet article est plein de bon sens et rejoint ce que je pense aussi.
    Le choix de l’activité physique est important, l’activité physique, ça fait tellement de bien! Mais pas facile de choisir. Il faut absolument quelque chose qui nous *convienne*, comme vous dites.
    Personnellement, j’ai plus de 50 ans et j’ai passé à ma vie à « lutter » contre mes « kilos en trop », sans peut-être prendre les problèmes dans le bon ordre. L’aspect psychologique me paraît essentiel, comme vous le soulignez. Merci pour cet article !

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